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Flânerie sur Pixel #3
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dans blog — ywb le 8 novembre 2011 à 13 h 23 min

Généralement l’automne s’avère plutôt être une saison que l’on maudit, en maugréant de molles insultes à son égard tout en enfouissant son visage bouffi sous la couette. Tout se dépérit, se refroidit, il pleut… Bref, tous les facteurs propices à la déprime vous toisent. Eh bien gardez-vous de maudire, et arborez le sourire, car en automne, vous allez justement pouvoir à nouveau investir votre lit, en faire votre lieu de villégiature privilégié.

Non, le soleil ne vous narguera plus de sa chaleur prétentieuse, et ne vous fera plus sortir rongé par cette culpabilité tenace, vous savez cette petite voix qui vous murmure à l’oreille:  » hé, ho, non mais faudrait songer à sortir un peu, prendre un peu l’air, des couleurs (car entre nous, cette odeur de vieille chaussette de pèlerin, ça craint) ». Non, vous n’aurez plus à exposer à la face du monde, le maillot de bain en guise de pagne, ces coquins bourrelets, qui en privé, quand on y pense (et que l’on arrive à se l’auto-suggérer) , ressemblent à de très belles collines. Non, en automne, la journée du pyjama est de nouveau tolérée, le visionnage assoiffé  de vos nouvelles séries, dont les nouveaux épisodes sortent au compte goutte, est redevenu un phénomène normal, le gaspillage d’eau dans d’inutiles mais si relaxants bains s’avère désormais recommandable…
Qu’entends-je? Mais oui, c’est bel et bien la ré-ouverture officielle des flâneries sur pixel ! (mais quelle longue introduction!)

Notre troisième flânerie sur pixel n’est pas toute jeune, mais il faut bien de temps en temps dire non au jeunisme ambiant. Réhabilitons au rang de petite pépite certains jeux qui méritent non pas le détour, mais le retour en arrière ! Samarost est bien l’un d’eux: http://amanita-design.net/samorost-1/

Samarost est un point & click  confectionné par un petit studio tchèque, Amanita Design, en 2003.  Ils ont développé un style, un univers tout de suite reconnaissable, entre montages à partir d’objets de récupération à la Tinguely,  métaux rouillés, structures branlantes, univers esthético-délabré, d’éléments naturels en décomposition, d’écorces d’arbres, champignons buboniques, tapis de mousse, et dessin. Cet univers pourrait nous évoquer la cité des enfants perdus (pour l’esthétique rouillée), Neil Gaiman (pour les montages photos-dessins), Jan Svankmajer (de nationalité tchèque aussi) pour la singularité de l’univers.

On ne pourrait pas soupçonner que cet univers délabré recèle de la vie. Caché sous un détritus, au creux d’un arbre, tout un bestiaire grouille, grignote, grattouille, renifle…ici un estomac sur pattes, là un tamanoir dépourvu de poils, bref, tout un ensemble de créatures entre le mignon et le bizarre. La bande son discrète et éthérée permet de dessiner encore mieux un univers très singulier.

Dans ce charmant cadre, un petit personnage affublé d’un bonnet de lutin blanc se fait voler son chien. L’objectif du jeu est donc de retrouver le petit chien, car personne n’aime se faire voler son chien. Donc, pour chaque écran, il s’agit de résoudre une énigme. Un fois résolue, on passe à l’écran suivant, et ainsi de suite. La principale difficulté est de cerner la logique bien particulière du jeu.

Si vous aimez cet univers, cette poésie visuelle empreinte d’humour dans cet univers fait de bric et de broc, je ne saurais trop vous conseiller les autres jeux que ce studio a confectionné. Leur univers s’est vraiment enrichi avec le temps. Machinarium par exemple, leur dernier opus, est une véritable merveille visuelle. Ils ont troqué le montage photo pour le tout dessiné, et le résultat n’en est que plus singulier et réussi.

Bref, un conseil: retournez à vos couettes et édredons, et voyagez bien douillettement allongés: http://www.youtube.com/watch?v=m4BWbsLToF4

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